Réflexion sur le developement Seine Aval
Article mis en ligne le 20 novembre 2009
dernière modification le 6 octobre 2014

par Webmestre
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Je faisais partie des personnes présentes à l’entretien du Collectif avec Mrs. Garay et Vigner le jeudi 11 juin 2009 à la Mairie de Mureaux.

Il a été assez instructif de débattre sur les choix de développement de la vallée de la Seine.

Le sujet du circuit a été présenté par M. Garay comme un produit d’appel aux investissements dans la région, voir à ce sujet mon article sur l’OIN.
Il parait qu’il faut « un évènement » tel le Stade de France, la cité de l’espace à Toulouse,...

La méthodologie est très empreinte des choix industriels depuis 1850, pourtant, de nombreux indicateurs voudraient que l’on se penche sur leur pertinence à long terme.

Il ressort de cette entrevue peu d’innovations quant aux OIN précédentes ; il est précisé dans le protocole signé en 2007 que cette Opération d’intérêt National est censée être de « 3ème génération ».
Au contraire, il transparait comme une obstination à vouloir faire perdurer cette logique d’urbanisation massive. Mr Garay a d’ailleurs argumenté sur la C13-F13 et les zones industrielles...

Si on observe les développements humains sur un temps plus long, avant la révolution industrielle, on s’aperçoit qu’il y a eu comme une totale inversion de la façon d’envisager l’urbanisation pour des raisons « d’efficacité » et de centralisme.

Visiblement pensés dans l’objectif de simplifier leur planification d’implantation, ces choix politiques de fragmenter à grande échelle les zones de production engendrent plusieurs problèmes.

  • Un inéluctable éloignement des personnes de leurs lieux de travail.
  • Une rupture de la mixité sociale dans l’absence de diversité professionnelle.
  • Une impossibilité de micro-développement (comme jadis les quartiers...)
  • Un éloignement géographique de l’énergie, de l’alimentation, des matières premières,...
    qui justifie les innombrables déplacements et acheminements.

Plusieurs bureaux d’étude (dont ARUP en Allemagne) tentent d’étudier une reconquête de la « complexité » urbaine et rurale afin de reconnecter les divers éléments de ce qui caractérise le développement humain.

Traditionnellement, c’est l’activité humaine et sa diversité qui créent des rassemblements d’habitats, les déplacement se créant ensuite.

Le choix de Mr.Garay de « l’automobilité » , ce qui signifie se déplacer tout seul..., traduit bien la difficulté de remettre en question ce modèle économique et social. Un peu comme si on faisait une Vallée du tracteur sans se demander ce qu’on veut y cultiver.

Bien évidemment, complexifier l’urbanisation n’a rien d’évident à grande échelle, cela demande une démarche de délégation possible et une remise à plat des notions et des responsabilités collectives d’élus, d’habitants, de citoyens, de salariés, au sein des associations, mairies, entreprises, conseils généraux, conseils régionaux...

Le « tout pour l’entreprise » génère une faillite de l’implication des citoyens dans leur vie sociale et locale (notamment au travers des privatisations de la plupart des services publics), ils préfèrent en général se rabattre sur l’intarissable univers des loisirs.

Il apparait cependant une demande croissante de contribution pour la collectivité . Celle-ci peut être motivée par divers facteurs : reconnaissance, générosité, passion, persuasion, communication, contribution... Cette contribution se révèle principalement dans les nouvelles technologies de communication (wikipedia, linux, youtube, facebook...). Elle ne peut exister que dans une approche la plus altruiste possible.

Par ailleurs, ce principe contributif devient « réel » lorsqu’une mise en application locale ou professionnelle voit le jour : organisation d’une commune, école, département, mise en commun d’expériences, de connaissances, de savoir faire...

Il nous appartient de comprendre ces outils et ces notions contributives pour retrouver la spécificité de l’homme de vivre en société en promouvant les initiatives et sans pour autant flatter les communautarismes.

La formation ultra spécialisée des différents acteurs de la société (politique, économique, industriel, social,...) a généré des clivages et des incompréhensions qu’il est urgent de revoir afin que la politique ne deviennent à la citoyenneté ce que le marketing à tendance à devenir à la production.

Le choix de ce circuit F1 à Flins va donc bien au delà des nuisances et incompatibilités environnementales, il révèle de vrais choix politiques, économiques et sociaux pour les 30 prochaines années dans la Vallée de la Seine.

Yvan

en savoir plus :

sur l’approche contributive :
Bernard Stiegler

sur les prospectives urbaines :

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